chronological voir - percevoir - apercevoir

ἀ|λήθεια IIII

Vevey, 2015 | Vevey, 04 - 06.2018, 02.2019

Vues croisées à la rencontre de deux paroles : Jean-Luc Marion et Henri Maldiney. Aux appels métaθεός de l’un, l’autre répond en infraΨυχή. Je vois phénomène saturé et transpassibilité comme deux voies cernant, de dessus, de dessous, même interrogation de l’être-au-monde, du « je-Da au-Das ». Vues et voix s’accompagnent des présences de William Turner, Hans Hartung, Pierre Tal Coat, Geneviève Asse, Mark Rothko, Nicolas de Stael, Jean-Luc Godard, Pierre Soulages, Cy Twombly, Agnès Martin. Entre eux et moi, le lac toujours.

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ἀ|λήθεια III

Vevey, 2015 | Vevey, 04 - 10.2018

Oubli de l’être, d’être, j’attends d’être, l’être. L’attente, l’oubli. Face au lac – vue | lecture, en eux : l'ouverture d'un écart, l'instauration d'une série d'espaces. Des rivages du lac, du texte, des bords d'un espace qui n’a de vision, d'écriture que dans leur effacement, les empêchant ainsi, inlassablement, d'accéder à la présence. J’attends oubliant l’activité, la pression du faire et des choses, le réel ; j’attends, oublié du réel, des choses, du faire, de l’adhésion du on. Au seuil du visible, du texte, de la présence : l’instant d’accès.

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see

Vevey, 2015 | Vevey, 04 - 10.2018

Deutsch et English entretiennent homographie et homophonie de signifiants, indiquant homologie entre merlac et voir, appel de celles qui ont ancrés les rapports entre œil et eau, rétine et miroir, rayon et reflet, lumière et vue, éclat et regard. To see die See, sehen the sea : vue qui est vision et intellection-interrogation ; was|ser, what|er, miroir et réflexion, prévision et pensée. De langue à langue : see-sehen, sea-see, d’onde en onde, en vagues, sensation-perception-conception, d'une surface, d'un espace, d'une profondeur.

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ἀ|λήθεια II

Vevey, 2015 | Vevey, 04 - 10.2018

S’impose le pas en arrière. Auprès de ce rien, retour à l’obsession, qu’est vue d’eau et d’air, monde effacé, invu, effaçant. A peine l’horizon, dépassant et à dépasser ; reconduction de la question : le réel, le conçu, le perçu, l’être, leur absence, leurs opposés ou leur privative ; l’existé. En la même vue de rien, toujours reconduite, retour sur Anaximandre, comme au début d’un chemin oublié. Parcours enfoui en notre monde de choses, d’étants – objets, structures, sujets, monde néantisant à néantiser.

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De naturalis quadratum

(Ht Intyamon) Franche-Comté, Riviera (2012) 2015 - 2016 | Vevey, 06.2017

Recadrer carré : la certitude de la forme la plus rationnelle s’oppose à son effet de désorientation, similaire à l’affect du naturel, pour qui plonge en les entrelacs végétaux, terreux, aqueux. Le carré n’a ni haut ni bas, ni gauche ni droite, ni amont ni aval. A l’accroissement ou à l’affalement, à la poussée ou à la chute, le carré rétorque de sa stabilité, de son immuabilité. Dissemblance et similitude : le diptyque, forme redoublée du carré fait écho entre cadre et aléa, ouvrant entre deux vues l’inexistence hors cadre du monde même – radicalement autre.

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Autrui

Vevey (Marseille), (2012) 2015 - 2017 | Vevey, 05.2017

Que quiconque paraisse dans l’image suffit à la tentation narrative. Hors le genre spécifique du portrait qui dénote la seule présence, toute autre représentation humaine connote l’advenir d’un récit. La posture, le geste, l’existence même de quelqu’un tendent à faire sens ; qu’en plus il ne soit pas seul, deux ou plusieurs, c’est une action, un dialogue, une communication qui se signifient – ou plutôt sollicitent une signification. Aussi ténu soit l’ébranlement, insignifiante la provocation, autrui m'interpelle, radicalement étranger. De quelle voix y a-t-il narration ?

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Nix

Vevey, 12.2014 | Vevey, 05.2016

Je sais à quel point vous appréciez le Rien, et je peux dire qu’un cadeau vous fera d’autant plus plaisir qu’il s’approchera de rien. Mais je ne parvenais pas à penser à quelque chose qui, tout en étant proche de rien, serait ce que je veux vous apporter, c’est à dire rien. Nihil – nichts – nix. A ce moment précis, ici, il y avait quelque chose de plus petit qu’un goutte, et qui pourtant avait une forme : nix, eine Schneeflocke. Atque en fatale nomen, Nihil amanti. Nam si Germano quaeras, nix quid sit, respondebit Nihil, siquidem Latine possit. Rien suit.

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ἀ|λήθεια I

Vevey, 08 - 12.2014 | Vevey, 02 - 03.2016

Obsession, état de siège, fascination. Ce n’est portant qu’un "paysage", sans personne ; que des "choses" et même, en matière de chose, quasi sans rien : lacus locus nihil. Eaux, nuées, reflets, pas même des choses - phénomènes ? Un éloignement qui outrepasse tout rapport aux gens, au vécu (la peinture, c’est l’histoire, les figures ; la photographie, c’est les faits, le portrait ; au moins l'image c'est rendre visible quelque chose ou quelque cause). Outrepasser figures, faits, choses. Passer outre l’être. Pour, solitaire, l’Etre seul ? Obsession en éternel retour.

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Il ne se donne point de visible

Vevey - La Tour de Peilz, 08 - 12.2014 | Vevey, 11 - 12.2015

"Definition. C'est une imitation faite avec lignes et couleurs, sur une superficie plane, de tout ce qui se voit sous le soleil (...). Il ne se donne point de visible sans (...)". De Nicolas Poussin à M. De Chambrai, de Rome, le 7 mars 1665 ; ainsi fixait-il le cadre et les moyens de la visibilité picturale contre la spectacularisation baroque. Il clôt l'espace classique par six principes donnés en soi, de tout temps et lieu étant là. Questionner les conditions de l'apparition des principes du visible par la réouverture de l'espace image en une série de triptyques.

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Etant donnés

Chexbres – La Tour de Peilz, 08.2014 | Vevey, 09 – 11.2015

Regards qui étaient venus au monde pour détruire la peinture. Fossoyeurs : Courbet visuellement, Duchamp intellectuellement. Un exilé et un touriste près Viviscus, l’un à La Tour-de-Peilz, l’autre à l’Hôtel Bellevue de Chexbres, vague et cascade, partageaient une machine à broyer. Du noir, du blanc et entre quelques bruns et verts verres ; de la matière grise, poussière ou lampe à gaz, deux destructeurs, en bas, en haut, pour qui eau, sel, gouffre, trou, écume, vague et chute, sont origine et fin. Reprendre, s'en déprendre – essai de comprendre.

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Veir me

Donville, 07.2014 | Vevey, 12.2014 – 08.2015

Artiste, après vingt ans d’improductivité ? Oui si lutte et errance de cette ἐποχή adviennent comme Ἰλιάδος | Ὀδύσσεια. Mon suspens de toute activité visuelle m’en fait redécouvrir la nécessité, par dévoilement progressif. Se perdre pour découvrir – αληθεια – quoi ? Soudaine évidence d’un autre, comme un moi perdu, oublié ; d’un ailleurs, comme le lieu quitté, omis : Ἰθάκη face aux îles Anglo-normandes. A scene to see the sea, site d’un dasein visuel, unheimlich, retour auprès du visuel. Retour d'Ulysse, en Dedalus.

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Avant 2014 | social sculpture | kunst = kapital | capital = formation

L'épopée émaf, école de multimédia et d’art de Fribourg, 1998 – 2009 | eikon, 2009 - 2016

Quitter les rivages du visuel, en crise, pour être appelé à un projet d’art socialement actif : créer une formation et une école. L’épopée émaf, école de multimédia et d’art de Fribourg, formatrice en conception multimédia CFC (communication visuelle interactive) fut une Iliade. Conseil de la direction dès 1998, directeur pédagogique depuis 2001, elle ne me fut pas production visuelle mais art vu comme sculpture sociale. L’émaf fut alors ma vie, ma vision, mon investissement ; un capital culturel et formatif devenant œuvre d’art. Expérience de l’enseignement conçu comme art, l'école ne fut pas ma création, mais une création : l'émaf m'était sculpture en flux, œuvre vivante, conçue en dix ans de combat passionné. Arrivée au but, l’école fut étatisée en 2009. Commença alors le chemin du retour, et ses errances. Odyssée où, dépossédé, je luttais contre une école figée en institution, qui ruina l’art du projet. Deuil malgré une poursuite de l’enseignement, temps était advenu de revenir aux rives du visuel.

Avant 2014 | formation | recherche | peintures, dessins, gravures

Ecoles d'art et atelier : écal 1988 - 1990, esav 1990 - 1993, Genève 1993 - 1998

Face à l’opacité de falaises, le dessin, face à l'éblouissement lumineux, la peinture ; entre, la gravure, diaphane – adiaphane. Irisation, diaprure, parution, transparition, dévoilement de voiles colorés qui superposés sourdent les uns des autres. Dessus et dessous, devant et derrière, proche et loin, la recherche fut celle de l’aperception. Sublime et tragique, le voir se heurtant à la perception de l’invisible et à l’indicible ; impossibilité narrative et communication empêchée. En 1998, une crise émotionnelle rendit suite insurmontable et sacrifia à la destruction.

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